La petite fille aux allumettes (Ludovic Sardain)

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Editor: Ludovic Sardain (submitted 2008-01-15).   Score information: A4/Letter, 28 pages, 366 kB   Copyright: CC BY 3.0 Unported
Edition notes: MIDI and LilyPond files are zipped.

General Information

Title: La petite fille aux allumettes
Composer: Ludovic Sardain
Lyricist: Hans Christian Andersen

Number of voices: 4vv   Voicing: SATB with divisi & solo by a little girl
Genre: Secular

Language: French
Instruments: A cappella

Published: 2007

Description:

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Original text and translations

French.png French text

Récitant: Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus.
Récitant: Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle portait de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.
Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié.

Chorus :
Dégage, fich' le camp,
déguerpis, détale, va t'en.
Sale gamine, sale morveuse,
et peut être aussi voleuse.
Dégage, fich' le camp,
disparais dans le néant.

T'auras rien, bonne à rien,
tant pis si tu meurs de faim!
Dégage, fich' le camp,
disparais dans le néant.

Si nous te regardions,
nous en se rions émus.
Que fait cette petit' fille
qui marche ainsi pieds nus?

Mais nous tournons la tête,
et nous n'avons rien vu.
Ne gâchons pas la fête,
chassons cette inconnue!

Récitant: La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblant de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue
Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Devant cela, l’enfant suspendait ses pas.

La nuit tombe sur la ville,
les passants rentrent chez eux.
Une petite fill' fragile
reste seule sous les cieux.

R : Les étoiles chantent doucement,
et leurs voix scintillent infiniment.

Dans les rues froides et nues,
elle ne sait plus où aller.
Elle est si pauvrement vêtue
qu'elle ne cesse de trembler.
R.
Dans la neige immaculée,
Ses pieds nus endoloris
guident son âme esseulée
et la portent vers un abri.
R.

Récitant: Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit un coin entre deux maisons, dont l'une dépasse un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.
L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. « Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était ! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre.

Chorus : Dansent les flammes.

Récitant: La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.
Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite.

Chorus :
Mange, mange!
Prends part à la fête,
gentille fillette, et mange!
Remplis ton assiette,
pique ta fourchette,
et mange!
Mange-moi !

Récitant: Et puis plus rien : la flamme s'éteint.
L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles.

Chorus:
L'arbre brille, tout scintille,
la maison est pleine de lumières.
L'arbre brille, tout scintille,
les enfants sourient de ce mystère.

'Récitant: L'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une traînée de feu.
« Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile filante, une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère.

Chorus :
Grand- mère, reste avec moi,
tu ne dois pas disparaître
comme l'arbre et l'oie,
peux-tu me le promettre ?

Grand- mère, emmène- moi,
guide-moi vers ta lumière,
garde-moi près de toi,
écoute ma prière.

Dans le froid et la neige,
ta chaleur me protège,
je suis si bien dans tes bras.

Mes chagrins, mes malheurs,
tes câlins, ta douceur,
je t'en prie emmène- moi

Je brûle encore une allumette,
pour que ce rêve jamais ne s'arrête

Grand- mère, reste avec moi,
Grand- mère, emmène- moi,
Grand-mère !

Chorus: Alleluia

Récitant: La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.
Chorus : Ou, ou.
Récitant (pendant le silence): Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent le corps de la petite; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.
- Quelle sottise! dit un sans-cœur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait? D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.